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Nicole Kidman redonne des couleurs au Moulin rouge


“Moulin rouge”, présenté en 2001 en ouverture du Festival de Cannes, permet de retrouver Nicole Kidman en danseuse de french cancan. Paradoxe des paradoxes, ce film tourné en Australie, produit aux Etats-Unis, à la bande son rock, représente aux yeux de son réalisateur, Baz Luhrman, la culture française ! Pour  la sortie du film, une visite dans les coulisses du vrai Moulin rouge s’imposait…

Le Moulin rouge, aujourd’hui un peu coincé parmi les sex shops envahis de touristes en goguette, conserve gaillardement et inlassablement un certain esprit de La Vie parisienne. Deux fois par soir, tous les jours, la salle de 850 places où l’on peut dîner ou simplement prendre un verre (plutôt du champagne) se remplit (environ 50 % d’étrangers et pour le reste, des Français…). Actuellement, ces derniers viennent tous applaudir la revue Féerie, un gigantesque spectacle qui enchaîne à la vitesse de la lumière (une heure trente) quatre tableaux qui évoquent d’abord le passé du Moulin rouge, puis emmènent le public en Indonésie (!) avec des décors ahurissants de couleurs, de strass, plumes et paillettes. A un moment, la scène s’ouvre et un aquarium géant empli de vrais pythons, et une femme, Gorgone maléfique, apparaît.

Baz Luhrman définit son film, “Moulin rouge” comme “post-moderne”. En effet, l’ambiance 1900 du cabaret est assortie d’une bande son mêlant David Bowie, U2 et Massive Attack ! En 1899, Nicole Kidman est Satin, une star du Moulin rouge, qui croise Christian (Ewan McGregor), un jeune poète désargenté, évidemment amoureux d’elle. Chargé d’écrire une revue pour le cabaret, Christian devra lutter contre les vues qu’a le riche financier du projet sur la belle danseuse. Bref, la lutte entre le talent et l’argent....


Puis, c’est le Cirque, avec des numéros de clowns, de sœurs siamoises (fausses), de chevaux nains et bien sûr, les splendides Doriss Girls et les Doriss Dancers (du nom de la maîtresse de ballet, Miss Doris) qui, avec un éternel sourire aux lèvres, lèvent la jambe comme ils respirent. Enfin, un hommage aux femmes de Paris est rendu à travers le temps, de la Révolution aux années 2050 (?). C’est là que les Doriss Girls entament le fameux french cancan, qui, avouons-le, est un peu difficile à supporter, avec ces robes bleu, blanc, rouge, certes très patriotiques, mais très criardes… Cela dit, les grands écarts réalisés avec autant de facilité et en poussant des cris de joie, laissent songeur et rêveur ! Les revues se succèdent, parfois avec des records de fréquentation, comme Formidable qui a accueilli de 1988 à 1999 plus de 4,5 millions de spectateurs 

Vlada, la star du Moulin rouge est originaire de Moscou. Depuis sept ans, tous les soirs, elle se change deux fois treize fois (spectacles à 21h et à 23h), aidée de sa fidèle habilleuse, Marie-Florence, dans sa loge individuelle, privilège des solistes. Avant chaque spectacle, au moins une heure d’échauffement est nécessaire. Cette grande et très souriante sportive, participe également aujourd’hui à des défilés de mode et expose même, dans le hall, sa vision du Moulin rouge dans une série de photographies noir et blanc (sans doute pour reposer un peu les yeux…). Ses consœurs sont originaires d’Australie, d’Albanie, (en tout, plus de dix-neuf nationalités sur scène), elles ont toutes été impitoyablement sélectionnées : une femme doit mesurer entre 1,75 et 1,79 m (les hommes dix centimètres de plus), elles doivent avoir une formation de danse classique, toutes ne pourront pas danser le french cancan qui, il ne faut pas s’y tromper, est une véritable épreuve demandant un bon mois de formation. 

Voilà une gigantesque machine à rêve, dont le coût faramineux explique des tarifs assez conséquents : il faut compter de 520 F pour le spectacle, avec une demi-bouteille de champagne, à 1 020 F, si vous dégustez en plus le dîner Belle Epoque (le chef Laurent Tadirrec est quand même noté 17/20 au guide Gault et Millau).

En 2001, le Moulin rouge apparaît comme un univers plutôt bon enfant et chatoyant au regard d’autres cabarets parisiens ; la vulgarité n’est pas de mise, même si certains costumes ou certains décors nécessiteraient le port de lunettes de soleil, et que la musique pourrait être disons plus légère. La grande tradition de la revue perdure dans ce lieu plus que centenaire, qui a vu passer les plus grands artistes internationaux (voir ci-contre).

Le Moulin rouge et la tour Eiffel ont le même âge !

Parmi les nombreux cabarets parisiens, le Moulin rouge, berceau du french cancan et image éternelle du Paris de la Belle Epoque, demeure le plus célèbre. En ce moment, la revue “Féerie” remplit tous les soirs la salle de 850 places où le champagne coule à flots, 200 000 bouteilles par an dans les 700 seaux en argent ! 

Après son ouverture en 1889, le cabaret de la place Blanche est rapidement devenu le passage obligé de la capitale pour de nombreux artistes. Retour sur un passé glorieux.

Lumières rouges, néons jaunes, ailes du moulin toujours en mouvement, le célèbre cabaret continue de faire partie du paysage parisien au milieu de commerces moins bon enfant… Le Moulin rouge vers 1900. L’entrée, au centre, débouchait sur un jardin, aujourd’hui détruit.

Vjola, l’une des soixante Doriss Girls pose ici dans les coulisses du Moulin rouge, au milieu de “trucs en plumes”. La Goulue, Mistinguett, vedettes du Moulin rouge, ont inspiré nombre d’artistes comme Toulouse-Lautrec.
INFORMATIONS PRATIQUES
  Bal du Moulin Rouge
 82, bd de Clichy, 18e

Tél. 01 53 09 82 82 
   
SITE INTERNET
  clubmoulinrouge.com
   

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